Rideau Hall resserre les règles sur les dépenses vestimentaires des gouverneurs généraux
Seules les tenues protocolaires et officielles pourront désormais être remboursées, mettant fin aux controverses entourant certaines dépenses vestimentaires payées par les contribuables.
Seules les tenues protocolaires et officielles pourront désormais être remboursées, mettant fin aux controverses entourant certaines dépenses vestimentaires payées par les contribuables.
Les gouverneurs généraux ne pourront plus faire rembourser tous leurs vêtements
Le Bureau du gouverneur général a resserré les règles entourant les remboursements de dépenses vestimentaires. Désormais, seuls les vêtements répondant à des exigences protocolaires précises et nécessaires à la représentation du monarque et du Canada pourront être remboursés par les contribuables.
Selon les nouvelles directives de Rideau Hall, cette mesure vise notamment les tenues portées lors d’événements officiels, de galas, de cérémonies d’État ou d’occasions exceptionnelles, comme un couronnement. En revanche, les vêtements professionnels courants ou les tenues décontractées des gouverneurs généraux et de leur conjoint ou conjointe ne seront plus admissibles au remboursement.
Jusqu’à présent, les règles entourant cette allocation laissaient place à l’interprétation. Au fil des ans, plusieurs gouverneurs généraux ont été critiqués après la publication de listes détaillées de leurs achats vestimentaires. Les conservateurs, qui avaient réclamé ces informations, avaient notamment dénoncé certaines dépenses jugées excessives.
En 2021, Rideau Hall avait déjà réduit de 35 % cette allocation. Les gouverneurs généraux peuvent actuellement obtenir un remboursement maximal de 130 000 $ pour leurs vêtements sur une période de cinq ans.
Selon les documents déposés au Parlement couvrant la période de septembre 2017 à mars 2025, l’ancienne gouverneure générale Mary Simon a réclamé plus de 45 000 $ en dépenses vestimentaires en moins de quatre ans. Sa prédécesseure, Julie Payette, avait pour sa part facturé plus de 50 000 $ en un peu plus de trois ans de mandat.
Certaines dépenses concernaient des vêtements portés lors d’événements particuliers. Parmi eux figurent une cape de soie noire de 997 $, créée par un designer haïda de Colombie-Britannique, ainsi qu’une veste en peau de phoque de 1 500 $ portée lors d’activités officielles au Nunavut.
D’autres articles semblaient toutefois davantage correspondre à des vêtements de travail ou à des tenues de tous les jours.
Le sujet a récemment été soulevé en comité parlementaire, lorsque la députée conservatrice Tamara Jansen a demandé si les contribuables devraient assumer les frais vestimentaires de la nouvelle gouverneure générale, Louise Arbour. Le secrétaire du gouverneur général, Ken MacKillop, avait alors indiqué que son bureau réévaluait régulièrement cette allocation afin de l’adapter au besoin.
Cette semaine, Rideau Hall a officiellement transmis aux parlementaires ses nouvelles lignes directrices limitant les remboursements aux vêtements protocolaires.
Pour Carolyn Harris, historienne et spécialiste de la monarchie, cette décision apporte une plus grande clarté et permettra d’éviter les controverses observées sous les administrations précédentes.
« Il n’y aura pas d’ambiguïtés susceptibles d’alimenter les discussions, les débats et les critiques. Les règles du jeu sont établies dès le premier jour », souligne-t-elle.
L’allocation vestimentaire des gouverneurs généraux existe depuis les années 1980. Elle a été créée afin de couvrir les coûts des vêtements requis pour les fonctions cérémonielles et protocolaires liées à la représentation du Canada. À la fin de leur mandat, les titulaires peuvent conserver les vêtements acquis dans ce cadre.
Le gouverneur général représente le souverain canadien au pays et à l’étranger, participe à de nombreuses cérémonies officielles et accueille régulièrement des chefs d’État, des ambassadeurs et des membres de familles royales. Son salaire annuel pour 2026 est fixé à 393 800 $.
Pour l’historienne Barbara Messamore, une allocation moyenne d’environ 10 000 $ par année demeure raisonnable compte tenu des exigences du poste. Elle souligne toutefois que les choix vestimentaires des femmes gouverneures générales sont souvent davantage scrutés que ceux de leurs homologues masculins, qui peuvent généralement porter des costumes sobres et similaires lors de leurs activités officielles.
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