Réfugiés haïtiens : le Canada renforce la surveillance à la frontière après la décision des États-Unis
La révocation du statut de protection temporaire de centaines de milliers d’Haïtiens aux États-Unis suscite des inquiétudes quant à une possible hausse des demandes d’asile au Canada, notamment au chemin Roxham.
Des réfugiés haïtiens se dirigent vers la frontière canadienne après la révocation de leur statut aux États-Unis
Les autorités canadiennes renforcent leur présence au chemin Roxham alors que des résidents signalent une hausse des mouvements depuis l’annonce de Washington.
Des réfugiés haïtiens ont commencé à se diriger vers la frontière canadienne à la suite de la décision des États-Unis de révoquer le statut de protection temporaire dont bénéficiaient des centaines de milliers d’Haïtiens. En réponse, les autorités canadiennes ont considérablement renforcé leur présence à la frontière afin de se préparer à une éventuelle augmentation des passages.
Dimanche, au chemin Roxham, à Saint-Bernard-de-Lacolle, des agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) ont rapidement interpellé les journalistes présents sur les lieux afin de vérifier le motif de leur présence, illustrant le niveau de vigilance actuellement en vigueur.
Ce déploiement accru fait suite à la décision de l’administration Trump, récemment confirmée par la Cour suprême des États-Unis, de mettre fin au statut de protection temporaire accordé à environ 350 000 ressortissants haïtiens vivant aux États-Unis.
Selon Frantz André, porte-parole du Comité d’action des personnes sans statut (CAPSS), les premières répercussions se sont fait sentir presque immédiatement. En entrevue à LCN samedi, il a affirmé que plusieurs jeunes réfugiés avaient commencé à prendre la direction de la frontière canadienne quelques minutes seulement après l’annonce.
Une surveillance renforcée
Les résidents du secteur disent également avoir observé une intensification des activités au cours des derniers jours.
« La situation ne s’améliore pas et, depuis hier, on voit continuellement des gens passer par ici », a confié une résidente vivant près du chemin Roxham, qui a préféré conserver l’anonymat par crainte de représailles.
Selon son témoignage, plusieurs véhicules de la GRC étaient positionnés discrètement à proximité du point de passage dès les premières heures de dimanche matin. Une autre résidente affirme, pour sa part, avoir vu circuler à grande vitesse plusieurs « camions blancs », en référence aux véhicules utilisés par les autorités fédérales.
Des inquiétudes dans la communauté
Les habitants rencontrés sur place demeurent préoccupés par la possibilité d’une nouvelle vague migratoire. Certains craignent de revivre les scènes observées avant la fermeture du chemin Roxham, lorsque d’importants groupes de demandeurs d’asile franchissaient régulièrement la frontière de façon irrégulière.
Au cours de la journée de dimanche, quelques véhicules sont entrés et sortis du site, sans qu’un achalandage exceptionnel ne soit observé. Les installations semblaient toutefois pleinement opérationnelles, prêtes à réagir rapidement si le nombre d’arrivées venait à augmenter.
Plus de 700 demandeurs d’asile déjà renvoyés en 2026
En fin d’après-midi dimanche, l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a indiqué que, du 1er janvier au 22 juin 2026, 710 demandeurs d’asile avaient été renvoyés aux États-Unis parce qu’ils ne satisfaisaient pas aux exceptions prévues par l’Entente sur les tiers pays sûrs.
L’ASFC n’a toutefois pas précisé le nombre de personnes interceptées dimanche ni si une hausse significative des arrivées avait déjà été enregistrée.
Note journalistique : L’article attribue à « l’administration Trump » une décision confirmée par la Cour suprême des États-Unis. Si vous le publiez, il est recommandé de vérifier la chronologie et le contexte juridique précis afin de s’assurer que la formulation reflète fidèlement les décisions officielles et les événements récents.
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