Des tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis aux débats internationaux sur la justice, en passant par les revendications des Premières Nations et l’ouverture du pont Gordie-Howe, retour sur les principaux faits marquants de la journée.
Les nouveaux tarifs américains entretiennent l’incertitude économique
Une fois de plus, ce n’est pas tant l’ampleur des nouveaux tarifs douaniers américains qui suscite l’inquiétude, mais l’incertitude qu’ils prolongent. Déjà fragilisé par la politique commerciale du président Donald Trump depuis janvier 2025, le Canada devra encore composer, au cours des prochains mois, avec une véritable épée de Damoclès qui risque de freiner les investissements et de ralentir les activités de nombreuses entreprises.
À l’exception du premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, les premiers ministres provinciaux ont exprimé leur espoir de voir le Canada amorcer officiellement des négociations avec les États-Unis dans les prochains jours. Selon la ministre québécoise de l’Économie, Christine Fréchette, il existe une « fenêtre d’opportunité » pour conclure une entente avant l’entrée en vigueur des nouveaux droits de douane de 50 %.
Bien que ces nouvelles mesures ne viseraient qu’environ 5 % des exportations canadiennes, soit une valeur estimée à 20,8 milliards de dollars américains, leurs répercussions pourraient dépasser leur portée immédiate. Dans une note économique publiée mardi, les économistes Florence Jean-Jacobs et Sonny Scarfone soulignent que cette nouvelle vague de tarifs risque surtout d’affaiblir la confiance des entreprises et de réduire les intentions d’investissement.
Les relations commerciales entre Ottawa et Washington continuent ainsi de se détériorer. Selon Bloomberg, le taux effectif des droits de douane américains imposés aux produits canadiens atteint actuellement 5,9 %. La Banque Nationale estime qu’il grimpera à 7,5 % si les nouveaux tarifs annoncés entrent en vigueur le 19 août.
Taux effectif des droits de douane américains
Pays ou région Taux
Chine 20,8 %
Japon 12,8 %
Union européenne 9,6 %
Mexique 8,0 %
Canada 5,9 % (7,5 % après l’entrée en vigueur des nouveaux tarifs)
Source : Bloomberg et Banque Nationale.
Les leaders autochtones réclament une véritable place aux discussions nationales
Réunis à Charlottetown, à l’Île-du-Prince-Édouard, dans le cadre du Conseil de la fédération, les leaders autochtones demandent que leurs voix soient pleinement intégrées aux grandes décisions nationales.
Alors que les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux travaillent sur d’importants projets d’infrastructure ainsi que sur un nouvel accord commercial avec les États-Unis, les représentants des Premières Nations estiment qu’ils doivent participer aux discussions dès le départ.
Comme le veut la tradition, les chefs autochtones rencontrent les premiers ministres provinciaux et territoriaux avant le début officiel des travaux du Conseil de la fédération. La cheffe nationale de l’Assemblée des Premières Nations (APN), Cindy Woodhouse Nepinak, a toutefois dénoncé cette pratique, la comparant à une relégation « à la table des enfants », estimant que les Premières Nations méritent une place à part entière dans les négociations.
Pont Gordie-Howe : les détails de l’entente de principe dévoilés
À quelques jours de son ouverture officielle, prévue le 27 juillet, le pont international Gordie-Howe fait déjà l’objet d’une entente de principe qui précise les modalités financières entre le Canada et les États-Unis.
Selon le document publié mardi soir, le Canada devra verser, pendant les quinze premières années d’exploitation du pont, des paiements annuels correspondant à 50 % des recettes nettes générées par l’infrastructure.
Ces sommes seront versées à un Fonds de développement économique États-Unis–Canada, qui sera créé et administré exclusivement par le gouvernement américain. L’entente précise que les objectifs de ce fonds seront établis conjointement par les deux pays afin de soutenir les intérêts américains ainsi que les échanges commerciaux entre le Canada et les États-Unis.
L’Autorité du pont Windsor–Détroit devra également consulter les autorités américaines avant toute augmentation de plus de 10 % des péages ou avant toute réduction importante des tarifs qui les rendrait inférieurs à ceux d’infrastructures comparables, notamment le pont Ambassador.
Par ailleurs, le Canada et les États-Unis devaient initialement organiser ensemble une cérémonie officielle d’ouverture au plus tard le 3 août.
Toutefois, à la suite de l’annonce par Washington de nouveaux droits de douane de 50 % sur plusieurs produits canadiens, le bureau du ministre fédéral du Logement et de l’Infrastructure, Gregor Robertson, a indiqué qu’il ne serait plus approprié de tenir une célébration conjointe.
Le gouvernement fédéral souhaite désormais souligner l’ouverture du pont lors d’une cérémonie exclusivement canadienne, qui doit se tenir vendredi à 11 h 30.
Le maire de New York demande au gouvernement américain d’exécuter le mandat d’arrêt visant Benyamin Nétanyahou
Le maire de New York, Zohran Mamdani, affirme que la Ville de New York ne possède pas l’autorité légale nécessaire pour procéder à l’arrestation du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, si celui-ci se rendait sur son territoire. Il demande toutefois au gouvernement fédéral américain d’exécuter le mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI).
Dans une vidéo publiée mardi soir sur ses réseaux sociaux, M. Mamdani explique que son administration a examiné toutes les possibilités prévues par la loi afin de déterminer si la police municipale pouvait intervenir.
« Mon administration a étudié toutes les voies possibles en vertu du droit applicable pour déterminer si la Ville de New York pouvait exécuter le mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale si Nétanyahou venait ici. Il est clair que nous ne disposons pas d’une autorité juridique indépendante pour le faire. Le gouvernement fédéral, en revanche, possède cette autorité, et je lui demande d’exécuter ce mandat », a déclaré le maire.
De vives accusations contre le premier ministre israélien
Au cours de son intervention, Zohran Mamdani a vivement critiqué Benyamin Nétanyahou, le qualifiant de « criminel de guerre » et l’accusant d’être l’« architecte d’un génocide » contre la population palestinienne de la bande de Gaza.
Pour appuyer ses propos, le maire évoque le lourd bilan humain de la guerre, faisant référence à des dizaines de milliers de morts palestiniens depuis le début de l’offensive israélienne lancée après l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023. Il dénonce également le blocage de l’aide humanitaire ainsi que les attaques ayant visé, selon lui, des travailleurs humanitaires et des journalistes.
« Quiconque regarde cette situation avec ses yeux, son cœur et sa conscience devrait reconnaître la dévastation causée et comprendre que sa place est devant un tribunal », affirme-t-il.
Une déclaration qui alimente le débat
Le maire conclut sa déclaration en affirmant que Benyamin Nétanyahou n’est pas le bienvenu à New York, au même titre que toute personne faisant l’objet d’accusations pour crimes de guerre.
« Même si nous ne pouvons pas mettre fin au conflit à nous seuls, nous pouvons décider si notre silence deviendra une arme de plus », déclare-t-il.
Les propos de Zohran Mamdani surviennent dans un contexte de fortes tensions diplomatiques entourant le mandat d’arrêt délivré par la Cour pénale internationale contre le premier ministre israélien. Plusieurs pays ont indiqué qu’ils respecteraient leurs obligations en vertu du Statut de Rome, tandis que d’autres contestent la compétence de la CPI dans ce dossier, alimentant un débat juridique et politique sur la scène internationale.
Publicite







