À Montréal-Nord, le SPVM est sous pression face aux allégations de racisme, tandis qu’en Colombie, les secouristes poursuivent leurs recherches après un puissant séisme qui a fait des centaines de victimes.
Montréal-Nord : le SPVM sous pression après les allégations de racisme
La Ville de Montréal et le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ont fait le point mardi soir sur les allégations de racisme et d’inconduite visant des policiers du poste de quartier 39, à Montréal-Nord, révélées en juin dernier.
Six membres de la Commission de la sécurité publique de Montréal ont animé la rencontre à l’hôtel de ville, devant une centaine de citoyens ainsi que plusieurs hauts dirigeants du SPVM, dont son directeur général, Fady Dagher.
Les événements survenus à Montréal-Nord sont préoccupants. Nous ne pensions pas voir cela encore en 2026, a reconnu d’emblée Alba Stella Zuniga Ramos, présidente de la Commission de la sécurité publique.
Les 16 policiers visés par les allégations, qui avaient été dénoncés par leurs collègues en mars dernier, font toujours l’objet de trois enquêtes distinctes : une enquête criminelle, une enquête déontologique et une enquête disciplinaire.
Selon Fady Dagher, les 16 agents ont été désarmés. Trois d’entre eux sont toujours suspendus, tandis que les autres ont été réaffectés à des fonctions qui ne les placent plus dans le quartier.
Ces mesures constituent un geste fort qui ne s’est jamais vu auparavant au SPVM, a déclaré M. Dagher.
Le directeur du SPVM affirme également vouloir mettre en place de nouvelles mesures au cours de l’automne.
« D’ici cet automne, je devrais être en mesure de revenir avec de nouvelles mesures coconstruites avec des partenaires », a-t-il précisé, tout en indiquant qu’il ne pouvait pas fournir davantage de détails sur les enquêtes actuellement en cours.
Fady Dagher a par ailleurs réitéré sa volonté de provoquer un véritable changement de culture au sein du SPVM, tout en reconnaissant qu’un tel processus prendra du temps.
Des citoyens réclament des changements
Plusieurs résidents et militants de Montréal-Nord ont pris la parole pour raconter des expériences difficiles vécues en lien avec le service de police. Ils ont également déploré le peu de changements observés dans les pratiques policières au fil des années.
Depuis 30 ans, ce sont toujours les mêmes enjeux, a notamment dénoncé l’humoriste Eddy King, très impliqué auprès de la communauté noire du quartier.
Pour Yannick Galan, directrice du Centre de promotion communautaire Le Phare, l’argument du « cas isolé » n’est plus acceptable.
L’argument du cas isolé, il ne passe plus aujourd’hui. C’est toujours aussi révoltant, a-t-elle affirmé.
Certains citoyens ont également souligné le manque de représentation de la communauté noire au sein de la haute direction du SPVM. Selon eux, cette situation complique la compréhension des réalités et des préoccupations de la communauté par les instances policières.
La rencontre aura ainsi permis aux citoyens de faire entendre leurs préoccupations, alors que le SPVM tente de restaurer la confiance et de démontrer que des changements durables peuvent être apportés.
Colombie : une survivante retrouvée sous les décombres après le puissant séisme
Les secouristes ont extrait, dans la nuit de mardi à mercredi, une survivante des décombres d’un immeuble effondré à Pereira, plusieurs dizaines d’heures après le puissant séisme qui a frappé la Colombie lundi matin.
Le bilan de la catastrophe a été révisé à la baisse à 216 morts, tandis que les opérations de recherche se poursuivent dans l’ouest du pays.
D’une magnitude de 7,4, le tremblement de terre a détruit des bâtiments et ravagé des secteurs entiers dans plusieurs localités. Son épicentre se trouvait dans le département du Chocó, sur la côte pacifique.
Le séisme a notamment été ressenti à Cali, troisième ville du pays, ainsi qu’à Pereira, Manizales et Quibdó, parmi les secteurs les plus durement touchés.
Une rescapée retrouvée après plusieurs heures
Dans la nuit de mardi à mercredi, les secouristes ont réussi à dégager Daniela Largo, âgée de 32 ans, des ruines d’un immeuble à Pereira.
Lorsque la jeune femme a été sortie des décombres et enveloppée dans une couverture, ses proches ont éclaté de joie. Les membres des équipes de secours se sont également enlacés, soulagés de cette découverte, selon des journalistes de l’AFP présents sur place.
Nous perdions espoir lorsque nous avons reçu un appel, a raconté sa mère, Sandra Milena Perez.
Selon cette dernière, un résident du secteur avait entendu des appels à l’aide provenant des décombres. Il a alors rassemblé plusieurs voisins afin de commencer à dégager les débris avant l’arrivée des équipes professionnelles.
Grâce à lui, aujourd’hui, nous sommes heureux, a-t-elle déclaré.
À la maison, le fils de Daniela, âgé de 12 ans, attendait le retour de sa mère.
Des milliers de personnes touchées
Le précédent bilan de 241 morts, établi par l’AFP à partir des données communiquées par différentes autorités locales, a été revu à la baisse mardi soir après une nouvelle vérification effectuée par les autorités de Cali, une métropole de quelque 2,2 millions d’habitants.
Le séisme a également fait plus de 1 600 blessés et détruit des centaines de bâtiments, selon l’Association des maires.
À la tombée de la nuit mardi, plusieurs familles ont choisi de dormir dans des parcs ou à l’extérieur de leur domicile, craignant de nouvelles secousses.
Les recherches de survivants se poursuivent alors que les équipes de secours tentent encore de retrouver des personnes possiblement coincées sous les décombres.







