Crise au Moyen-Orient, décès de Lindsey Graham et virage au Sénat canadien : l’actualité marquée par de grands bouleversements
L’escalade des tensions entre les États-Unis et l’Iran ravive les craintes d’un conflit régional, tandis que le décès du sénateur républicain Lindsey Graham suscite une vague d’hommages. Au Canada, Mark Carney imprime sa marque avec ses premières nominations au Sénat et un change
L’Iran annonce la fermeture du détroit d’Ormuz; les États-Unis lancent de nouvelles frappes
L’escalade militaire entre Washington et Téhéran s’est intensifiée dimanche après que les États-Unis ont mené des frappes contre des cibles iraniennes, en représailles à une attaque attribuée à l’Iran contre un navire dans le détroit d’Ormuz.
Selon plusieurs médias, l’Iran a répliqué en lançant des missiles contre des installations situées à Bahreïn, au Qatar et aux Émirats arabes unis, faisant craindre une extension du conflit à l’ensemble du golfe Persique.
Ces nouveaux affrontements surviennent quelques jours après que le président américain Donald Trump a laissé entendre que toute perspective d’accord provisoire ou de cessez-le-feu avec l’Iran était désormais écartée.
« L’Iran a fait un mauvais choix. Il en paie maintenant le prix », a déclaré le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth.
Les Émirats arabes unis ont émis une alerte à la population en raison d’une menace imminente de frappes de missiles et de drones. Des explosions ont également été entendues au Qatar, où une alerte antimissile a été déclenchée.
À Bahreïn, qui accueille la 5e flotte de la marine américaine, les sirènes d’alerte ont également retenti.
Les autorités n’ont pas précisé quelles infrastructures étaient visées aux Émirats arabes unis, jusqu’ici relativement épargnés par les récentes attaques iraniennes.
Parallèlement, l’Iran a annoncé la fermeture du détroit d’Ormuz, un passage stratégique par lequel transite près du cinquième du pétrole mondial. Cette décision pourrait avoir d’importantes conséquences sur les marchés de l’énergie et sur le commerce international.
Décès du sénateur américain Lindsey Graham, proche allié de Donald Trump
Le sénateur républicain de la Caroline du Sud, Lindsey Graham, figure influente de la politique américaine et allié de longue date du président Donald Trump, est décédé samedi à l’âge de 71 ans, a annoncé son bureau dans un communiqué publié sur le réseau social X.
Selon son entourage, le sénateur est mort « des suites d’une maladie brève et soudaine ».
Sa famille a remercié les personnes qui lui témoignent leur soutien et a demandé le respect de sa vie privée durant cette période de deuil.
Élu pour la première fois à la Chambre des représentants en 1994, Lindsey Graham avait fait son entrée au Sénat en 2002. Réélu à plusieurs reprises, il était devenu l’une des voix les plus influentes du Parti républicain sur les questions de politique étrangère et de défense.
Le gouverneur de la Caroline du Sud, Henry McMaster, lui a rendu hommage en le qualifiant d’« irremplaçable » et de « plus ardent défenseur de la Caroline du Sud et de l’Amérique ».
Le président israélien Isaac Herzog s’est dit « sous le choc et le cœur brisé » par cette disparition.
« Le sénateur Graham était un modèle de clarté morale et un véritable artisan du partenariat entre les États-Unis et Israël. Nous n’oublierons jamais son soutien dans les moments les plus difficiles », a-t-il déclaré.
Le Sénat canadien a profondément changé au cours des dix dernières années
OTTAWA — Le premier ministre Mark Carney a procédé cette semaine à ses premières nominations au Sénat, marquant un changement important dans la façon dont seront désormais choisis les membres de la Chambre haute.
Parmi les quatre nouveaux sénateurs nommés figurent Tom Pitfield, secrétaire principal de M. Carney, ainsi que l’ancien député conservateur Richard Martel, qui représenteront tous deux le Québec. Geeta Tucker, du Manitoba, et Rodney Ouellette, du Nouveau-Brunswick, complètent cette première série de nominations.
En même temps, le premier ministre a annoncé qu’il mettait fin au critère d’impartialité politique instauré sous Justin Trudeau et qu’il comptait revoir le fonctionnement du comité consultatif indépendant chargé de recommander les candidats au Sénat.
Le Sénat compte actuellement 97 membres, tandis que huit sièges demeurent vacants.
Un Sénat moins partisan
Contrairement à la Chambre des communes, le Sénat n’est plus organisé principalement selon les lignes partisanes.
Les conservateurs forment aujourd’hui le seul groupe directement affilié à un parti politique, avec douze sénateurs. Les autres siègent au sein du Groupe des sénateurs indépendants, du Groupe des sénateurs canadiens, du Groupe progressiste du Sénat ou à titre de non-affiliés.
Le Groupe des sénateurs indépendants est désormais le plus important avec 40 membres, suivi du Groupe des sénateurs canadiens, qui en compte 18.
Cette réalité contraste fortement avec 2016, alors que les conservateurs détenaient encore 41 sièges.
Plus tôt cette année, le chef conservateur Pierre Poilievre avait demandé à Mark Carney de nommer davantage de sénateurs conservateurs.
Une transformation amorcée sous Justin Trudeau
La transformation du Sénat remonte à 2014, lorsque Justin Trudeau, alors chef du Parti libéral, avait exclu les sénateurs libéraux de son caucus à la suite du scandale des dépenses.
Devenu premier ministre en 2015, il a instauré un comité consultatif indépendant chargé d’évaluer les candidatures selon le mérite plutôt que selon leur affiliation politique.
Au cours de ses dix années au pouvoir, Justin Trudeau a nommé 100 sénateurs, dont 80 sont toujours en fonction.
Les personnes nommées pouvaient ensuite choisir de se joindre à un groupe parlementaire ou de siéger comme indépendants.
Des effets sur le fonctionnement du Parlement
Selon Gary O’Brien, ancien greffier du Sénat, la disparition des grands caucus partisans a rendu le processus législatif plus complexe.
« Les partis facilitaient l’organisation et la priorisation des amendements. Aujourd’hui, comme aucun groupe ne détient la majorité, le processus est devenu plus difficile à gérer », explique-t-il.
Il souligne toutefois que cette réforme a permis plusieurs avancées importantes, notamment l’atteinte de la parité hommes-femmes au sein du Sénat en 2020.
Pour sa part, Lori Turnbull, professeure de sciences politiques à l’Université Dalhousie, estime que les sénateurs jouent désormais un rôle plus actif dans l’étude des projets de loi.
Selon elle, ils proposent davantage d’amendements, ce qui rallonge parfois le processus d’adoption des lois et rend plus difficile la prévision des travaux en comité parlementaire.
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