Carney en Arabie saoudite : l’épouse de Raif Badawi réclame un geste pour les droits humains
Alors que Mark Carney rencontre le prince héritier Mohammed ben Salmane, Ensaf Haidar souhaite que le premier ministre canadien soulève le cas de son mari, toujours privé de plusieurs libertés malgré sa libération.
Carney rencontre le prince héritier saoudien : « J’aimerais qu’il lui parle de Raif »
L’épouse du blogueur Raif Badawi demande au premier ministre canadien d’aborder la question des droits de la personne avec Mohammed ben Salmane.
À peine le sommet de l’OTAN terminé, le premier ministre Mark Carney s’est envolé vers l’Arabie saoudite pour une rencontre avec le prince héritier et premier ministre du pays, Mohammed ben Salmane.
Les droits de la personne ne semblent toutefois pas figurer parmi les priorités officielles de cette visite.
Lors d’une séance d’information consacrée au déplacement du premier ministre, un haut fonctionnaire canadien a indiqué que les discussions porteront notamment sur l’énergie, l’intelligence artificielle, la défense, les minéraux critiques, les infrastructures et les investissements.
Ensaf Haidar, l’épouse du blogueur saoudien Raif Badawi, espère néanmoins que Mark Carney profitera de cette rencontre pour évoquer la situation de son mari.
« J’aimerais que M. Carney lui parle de Raif », a-t-elle confié en entrevue à Radio-Canada.
Raif Badawi avait été condamné en 2012 à une peine de prison et à des coups de fouet pour avoir créé un blogue critiquant certaines institutions religieuses et politiques saoudiennes. Après avoir purgé une peine de dix ans de prison, il a été libéré en 2022.
Il demeure toutefois soumis à plusieurs restrictions, dont une interdiction de quitter l’Arabie saoudite jusqu’en 2032.
« C’est comme si c’était normal maintenant qu’il est sorti de prison, mais ce n’est pas vrai. Il a encore l’interdiction de sortir du pays, d’écrire, de travailler. Il n’a pas une vie normale », insiste Ensaf Haidar.
Installée à Sherbrooke avec ses enfants après avoir fui l’Arabie saoudite, elle affirme que cette situation continue de peser lourdement sur leur famille.
« C’est encore sept ans pour Raif, c’est encore sept ans pour les enfants. Ils sont orphelins de père. Ce n’est pas normal », déplore-t-elle.
Ensaf Haidar se dit favorable à une amélioration des relations politiques et commerciales entre le Canada et l’Arabie saoudite. Elle estime toutefois que ces rapprochements ne devraient pas empêcher Ottawa de soulever la question des droits de la personne auprès des autorités saoudiennes.
La rencontre entre Mark Carney et Mohammed ben Salmane pourrait ainsi devenir un moment important pour rappeler le cas de Raif Badawi, dont la liberté demeure limitée malgré sa sortie de prison.
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